- ALEA
Répertoire de Michel Kelemenis
Transmission: Michel Kelemenis et Caroline Blanc
Musique: Christian Zanesi
Pièce-concept créée pour relever le défi d'une rencontre articulée sous forme de concours par l'Adami, Aléa intègre l'hypothèse de corps différents, différemment engagés dans la danse comme dans l'existence.
En parallèlle d'une œuvre du sensible complice Christian Zanési, mixant des textures électroniques aux ambiances concrètes et proche d'une bande-son de cinéma, la structure de la chorégraphie repose sur des tresses dont s'échappent de petites formes, solos et duos. L'écriture admet dès l'origine la possibilité de varier le nombre de danseurs comme les mouvements, suivant les rencontres et leurs richesses.
La danse d’aujourd’hui prône la singularité et tend à écarter l’écriture chorégraphique au profit d’un mouvement personnel. Dans ce contexte, après avoir vu les 4 lauréats danser sur la scène de leur imprévisible sélection, l’impossibilité de deviner entre eux l’hypothèse d’une langue commune s’est mue en désir d’une recherche de celle-ci. La quête de cette langue incertaine fonderait l’écriture, et absorberait les particularismes identitaires résultant de provenances disparates, à la poursuite de ce que les individus sauraient devenir, ensemble, dans un espace abstrait étranger.
La fragile et mouvante frontière autour de laquelle une chorégraphie précise peut être vécue comme un carcan ou comme un instrument de liberté s’impose alors comme le sujet de l’échange entre les interprètes et le chorégraphe. Ainsi, les costumes d’Aléa auraient pu être des tenues de bagnards ou des motifs floraux : nous avons choisi le symbolisme naturaliste des seconds, en écho aux voix d’enfants ou autres éléments sonores concrets, tissés comme une bande-son de cinéma au cœur d’une trame électronique, par le compositeur Christian Zanési.
Dans Aléa, au hasard de circulations tressées et dynamiques, de petites formes duelles s’échappent pour mettre en résonance les corporalités différentes. La façon dont chacun s’empare du geste devient le lieu de l’observation, et le corps, l’enjeu central. L’effet cinétique des croisements multiples constitue un liant permettant de dépasser, à l’intérieur de la danse, la simple juxtaposition des qualités de chacun.
Michel Kelemenis
Michel Kelemenis
Danseur et chorégraphe né en 1960, Michel Kelemenis est dès 1983 interprète au sein du Centre Chorégraphique National de Montpellier, dans lequel il écrit ses premières chorégraphies. Lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs en 1987, il fonde sa compagnie la même année, et l’installe à Marseille en 1989. En 1991, il est lauréat de la Bourse Léonard de Vinci, et du Fonds japonais Uchida Shogakukin. Ses très nombreuses pièces sont présentées à travers le monde.
La danse de Michel Kelemenis est sensible, fluide et précise. Elle rassemble au fil des créations des interprètes d’une grande technicité. Par le déploiement des corps dans l’espace et le temps, le chorégraphe explore avec poésie, humour ou gravité, des thèmes universels : l’amour, la rencontre, la différence, le souvenir, la solitude… La concomitance au cœur de son écriture d’un désir d’abstraction et d’une grande humanité convie, interroge et entend révéler, la présence au monde, la vigueur, le questionnement et la grâce des danseurs. Pour son style personnel, qui allie finesse et performance, le chorégraphe est sollicité par les ballets de l’Opéra de Paris, du Rhin, du Nord ou de Genève.
Sa démarche de création est sous-tendue par le besoin constant d’interroger les correspondances subtiles ou explosives entre la danse et la musique. Il confronte obstinément sa recherche gestuelle aux écritures originales de compositeurs d’aujourd’hui, et trouve dans ce dialogue la virginité sans cesse régénérée d’une double réflexion où chacune des deux expressions, la danse et la musique, éclaire l’autre.
Michel Kelemenis met en scène en 2000 le drame lyrique et chorégraphique L’Atlantide d’Henri Tomasi, à l’Opéra de Marseille. Il participe ensuite aux créations du Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence : en 2003, il anime les 4 acrobates-animaux du Renard de Stravinsky sous la direction de Klaus-Michaël Grüber et la baguette de Pierre Boulez ; en 2004, il assiste Luc Bondy pour le mouvement des chœurs du Hercules de Hændel, sous la direction de William Christie, Les Arts Florissants.
Avec les Aphorismes géométriques en 2005, il redonne vie à un ensemble d’œuvres musicales contemporaines commanditées et éditées par le GMEM/Centre national de création musicale de Marseille.
Caroline Blanc
Née en 1977, Caroline Blanc débute par la danse classique au Conservatoire National de Région et à l´école municipale de danse de Clermont-Ferrand.
Sa première expérience scénique date de 1993 avec la Cie Raisins d´Ours.
En 1997, elle intègre la Cie d’insertion professionnelle Coline pour se former à la danse contemporaine et travaille avec Serge Ricci, Robert Seyfried, Mirjam Berns, Julyen Hamilton… Elle fait son stage de fin d´études auprès de Fabrice Ramalingom et Hélène Cathala, de La Camionetta. Elle poursuit son expérience au Venezuela pour la Cie Pisorojo et part au Vietnam en tant qu´assistante artistique et interprète pour la formation Coline.
En France, elle travaille pour la Cie Posdata, Cie La Trisande, Cie Faizal Zeghoudi et effectue des stages avec Olga de Soto, Dominique Dupuy, Susanne Linke, Wil Swanson…
En octobre 2001, elle obtient le Diplôme d´Etat de professeur de danse contemporaine et dirige des ateliers en milieu scolaire.
Durant le printemps 2001, elle débute sa collaboration avec Christian Ubl avec qui elle crée Cube et leur première proposition chorégraphique « Je commence à voir clair ».
Printemps 2002, elle est interprète pour Guillaume Weis Dance People au Luxembourg, puis participe à la création de « Équinoxe » de José Maria Alvès, et « Liber Mundi » de Delphine Gaud Cie Trisande, et la création de « Format A3 » au sein de CUBe.
En 2004 et 2005, elle danse dans le GUID (Groupe Urbain d’Intervantions Dansées) du Ballet Preljocaj - centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence.
En 2006, sa collaboration avec Christian Ubl et la compagnie CUBe se poursuit et donne naissance à la création “ErsatZtrip”.